Les Şiddet Önleme ve İzleme Merkezleri (ŞÖNİM — Centres de prévention et de suivi de la violence) forment le réseau national turc de réponse intégrée à la violence basée sur le genre, créé en 2013 par le ministère de la Famille et des Services sociaux en vertu de la loi n° 6284 sur la protection de la famille et la prévention de la violence contre les femmes (en vigueur depuis mars 2012). Les centres fonctionnent 24h/24 avec une préférence pour un personnel féminin, offrant conseil, orientation, soutien juridique, psychologique et économique, et suivi des dossiers, accessibles via la ligne nationale 183, la ligne policière 155 et l'application bouton panique KADES du ministère de l'Intérieur.
Le réseau a débuté avec 49 centres dans des provinces telles qu'Adana, Ankara, Antalya, Bursa, Diyarbakır, Gaziantep, Istanbul et İzmir, avant d'être étendu à l'ensemble des 81 provinces turques. En novembre 2022, la ministre de la Famille et des Services sociaux de l'époque a annoncé un total cumulé de 1 285 490 personnes prises en charge depuis la création des centres, dont environ 1 071 080 femmes et 123 098 enfants (un chiffre d'environ 91 312 hommes figure dans une source secondaire, mais n'a pas été confirmé de façon indépendante par rapport aux données du ministère lui-même). Une analyse distincte de l'UNFPA/Fédération des associations de femmes turques portant sur 28 198 appels à la ligne violence domestique (2007-2021) a constaté que 90 % des auteurs étaient des hommes et 63 % des partenaires intimes.
L'évaluation de référence du GREVIO (Conseil de l'Europe) sur la Turquie (2018) a conclu qu'avec 49 centres pour 81 provinces, la couverture ŞÖNİM et la capacité d'hébergement étaient insuffisantes au regard des besoins, et a appelé à une extension — un appel auquel le déploiement ultérieur aux 81 provinces semble répondre, bien qu'aucune évaluation de suivi du GREVIO postérieure à cette extension n'ait été trouvée dans cette recherche. Aucun audit indépendant des ratios de personnel par centre, des charges de dossiers moyennes, ou de mesures de résultats telles que les taux de revictimisation n'a été publié ; le chiffre de 1,28 million est un décompte d'utilisation rapporté par le ministère, non une évaluation d'efficacité. Le retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul en 2021, alors que la loi 6284 et le réseau ŞÖNİM lui-même restent formellement en vigueur, constitue un contexte politique important pour évaluer la pérennité de cette pratique.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.