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La loi tunisienne sur la parité de genre — essor et recul (2014–2022)

Tunisie · Tunis · Voir le profil de Tunisie

La loi électorale tunisienne sur la parité (2014-17) a porté à 47 % la part des femmes dans les conseils municipaux en 2018, mais une nouvelle loi de 2022, sous le président Kaïs Saïed, a aboli l'exigence de parité, et la représentation parlementaire est retombée à environ 15-16 %.

Détails

Promoteur
Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE)
Période
2014–2022 (parity requirement repealed in 2022)
Mots-clés
electoral law, political representation, gender parity, democratic backsliding

Description

La loi électorale tunisienne de 2014 imposait une « parité verticale » — alternance stricte entre hommes et femmes sur chaque liste partisane — pour les élections législatives, municipales et régionales. Comme elle n'exigeait pas que les listes soient conduites par des femmes, seulement environ 11-12 % des têtes de liste étaient des femmes lors des élections de 2014. Un amendement de 2017 (loi organique 2017-7) a ajouté la « parité horizontale » pour les élections locales, exigeant que les partis se présentant dans plusieurs circonscriptions confient à des femmes la tête d'environ la moitié de leurs listes.

Les élections municipales de mai 2018, les premières tenues sous parité horizontale, ont produit 47 % de conseillères élues à l'échelle nationale selon ONU Femmes — l'une des parts locales les plus élevées du monde arabe à l'époque, sous l'administration de la commission électorale indépendante tunisienne (ISIE). La tête de liste a moins progressé : les chiffres de l'ISIE cités par ONU Femmes situent les femmes têtes de liste à environ 30 %, en deçà des 50 % visés par la règle de parité horizontale. La représentation législative nationale est restée bien en deçà du niveau municipal — 31 % en 2014 et 22,6 % (49 sièges sur 217) en 2019 — la parité ne s'étant jamais appliquée à la tête des listes nationales.

En septembre 2022, la nouvelle loi électorale du président Kaïs Saïed a aboli entièrement l'exigence de parité et remplacé le scrutin de liste proportionnel par des circonscriptions uninominales, supprimant le mécanisme à l'origine des gains municipaux de 2018. Human Rights Watch et Al Jazeera ont toutes deux rapporté ce changement ; la part des femmes au parlement a encore chuté, à environ 15-16 % après les élections de 2022-2023. L'expérience tunisienne montre qu'une loi de parité pourtant bien appliquée peut être renversée rapidement dès que son architecture légale et électorale est démantelée.

Mise en œuvre

Les détails de mise en œuvre (coût, calendrier, personnel, conditions de réussite) ne sont pas encore disponibles pour cette pratique.

Sources de données

D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.

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