Annoncée le 6 février 2025 dans le prolongement du lancement du National AI Office malaisien en décembre 2024, l'initiative AI at Work 2.0 donne aux agents publics l'accès à la suite Gemini de Google Workspace — rédaction et synthèse dans Gmail et Docs, création de vidéos de formation avec Google Vids, et conception d'agents IA personnalisés (« Gems ») pour des tâches répétitives comme l'analyse des retours citoyens —, complétée par des ateliers pratiques d'écriture de prompts. Le ministère du Numérique de Malaisie, en partenariat avec Google Cloud, a fixé pour objectif d'atteindre à terme jusqu'à 445 000 agents publics à l'échelle de tout le gouvernement.
Indépendamment de ce déploiement mené par le prestataire, la Banque mondiale s'est associée au Département de la fonction publique malaisien pour une enquête GovTech Skills Survey menée en 2025 auprès de plus de 16 500 fonctionnaires répartis dans les 28 ministères fédéraux. Elle a révélé que les fonctionnaires utilisant des outils d'IA économisent en moyenne 2,5 heures par jour — bien que l'adoption et les gains varient fortement selon les ministères, le ministère du Numérique et celui de l'Investissement, du Commerce et de l'Industrie étant en tête, tandis que le ministère de la Femme, de la Famille et du Développement communautaire et celui des Finances sont à la traîne.
Cette même enquête, qui documente ces gains de productivité, met aussi en garde contre une culture du « secret par défaut » dans le secteur public malaisien : seulement 26,1 % des données relatives à la prestation de services sont publiées à l'extérieur, contre une moyenne de 35 % dans l'OCDE, et le rapport recommande une loi sur la liberté de l'information. Cet écart de transparence — relevé par la recherche commanditée par le gouvernement lui-même — limite la mesure dans laquelle les chiffres de productivité annoncés peuvent aujourd'hui être vérifiés de façon indépendante à l'échelle nationale.
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