Le Caire ne disposait pratiquement d'aucun espace vert public — l'espace vert par habitant équivalait à peu près à la taille d'une empreinte de pied — après des décennies d'urbanisation incontrôlée qui avaient quasiment fait disparaître les parcs historiques de la ville. Un monticule de 30 hectares de gravats accumulés au fil des siècles occupait le centre de la ville, entre la vieille ville fatimide et la Citadelle ayyoubide.
En 1984, l'Aga Khan Trust for Culture s'est engagé à verser 30 millions de dollars pour transformer le site en parc public, dans le cadre de son programme des villes historiques. Entre 2000 et 2008, les entrepreneurs ont évacué plus de 80 000 camions de gravats (plus d'un million de mètres cubes), construit trois réservoirs d'eau douce (chacun de 80 m de diamètre et 14 m de profondeur) pour irriguer le sol très salin du site, produit plus de deux millions de plantes dans des pépinières dédiées et planté plus de 655 000 d'entre elles. Les fouilles ont également mis au jour un tronçon de 1,5 km du mur ayyoubide du XIIe siècle, enfoui à 15 mètres de profondeur, que la Trust a restauré dans le cadre du projet.
Depuis son ouverture, Al-Azhar Park accueille entre 1,5 et plus de 2 millions de visiteurs par an et génère suffisamment de revenus grâce aux entrées et à ses restaurants pour financer son propre entretien, sans subvention continue. C'est le plus grand espace vert créé au Caire depuis plus d'un siècle. La Trust a mis à profit la dynamique du parc pour financer la réhabilitation du quartier voisin, historiquement défavorisé, de Darb al-Ahmar, où des habitants ont été employés en horticulture et en construction. Le parc s'est fixé un objectif de neutralité carbone pour 2032, appuyé par des panneaux solaires et des pompes à eau économes, bien qu'aucune donnée indépendante publiée sur la séquestration de carbone ou la biodiversité n'existe.
Aucun suivi publié et indépendant de la performance écologique du parc (recensement des espèces, captation des eaux pluviales, effet rafraîchissant) n'existe ; les allégations de bénéfice environnemental reposent essentiellement sur des rapports descriptifs du bailleur de fonds plutôt que sur une évaluation par des tiers.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.