La Loi Olimpia tire son nom d'Olimpia Coral Melo, une jeune femme de Puebla dont la vidéo intime a été diffusée sans son consentement en 2014. Melo a mené une campagne populaire qui a abouti, en 2018, à la première loi mexicaine contre la violence sexuelle numérique, à l'échelle de l'État de Puebla. En juin 2021, la réforme a été inscrite dans la loi fédérale, modifiant le Code pénal fédéral et la Loi générale sur l'accès des femmes à une vie sans violence pour criminaliser l'enregistrement, la reproduction ou la diffusion de contenus intimes sans consentement, avec des peines fédérales de trois à six ans d'emprisonnement et des amendes de 500 à 1 000 UMA (unités de mesure et d'actualisation).
La réforme s'est depuis étendue à la quasi-totalité du Mexique : en 2026, 29 des 32 entités fédératives mexicaines disposent de leur propre législation d'application, certains États imposant des peines plus sévères (Oaxaca et Tamaulipas prévoient 4 à 8 ans). Le modèle a également été exporté à l'étranger, l'Argentine ayant adopté une législation comparable en 2023 et le Panama en 2024, d'autres projets de loi progressant en Colombie, en Uruguay, en Équateur, en Bolivie et au Honduras.
L'ampleur du problème visé est bien documentée : l'institut national de statistique mexicain, l'INEGI, a rapporté en 2024 que 10,6 millions de femmes mexicaines avaient subi du cyberharcèlement, 29% ayant reçu des propositions sexuelles non sollicitées en ligne et 27,5% ayant été exposées à des contenus sexuels non désirés. La Banque nationale de données sur la violence envers les femmes du Mexique a recensé 2 515 cas de violence numérique entre janvier 2022 et mai 2023, et plus de 9 000 dossiers pour diffusion non consentie de contenus intimes ont été ouverts à l'échelle nationale.
L'application de la loi reste toutefois très en retrait par rapport aux signalements : selon la presse citant des chiffres officiels, seules environ huit condamnations avaient été obtenues au titre de la Loi Olimpia début 2024. Cet écart entre des milliers de dossiers ouverts et une poignée de condamnations constitue une faiblesse bien documentée de la mise en œuvre réelle de la loi, malgré une adoption législative rapide et étendue à travers le Mexique et l'Amérique latine.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.