La loi organique n° 58 de 2017 a instauré la première loi tunisienne complète contre la violence à l'égard des femmes, supprimant l'échappatoire du mariage réparateur, mais des enquêtes indépendantes et une évaluation du Conseil de l'Europe ont révélé un budget faible et une méconnaissance de la loi (37 % l'ignoraient), ce qui affaiblit son application.
146/217 votes
Vote d'approbation législative (2017)
45.5 %
Femmes ayant déclaré des violences basées sur le genre (2023)
37.3 %
Femmes ignorant le cadre juridique (2023)
22.2 %
Victimes ayant engagé une action en justice (2023)
83.3 %
Femmes jugeant la loi insuffisamment stricte (2023)
Détails
Maturité
Établie
Promoteur
Government of Tunisia / UN Women Tunisia
Période
2014-2023
Mots-clés
legislation, gender-based violence, justice sector reform, public health
Contexte
L'Assemblée des représentants du peuple de Tunisie a adopté la loi organique n° 58 relative à l'élimination de la violence à l'égard des femmes le 26 juillet 2017 (146 voix pour sur 217), entrée en vigueur en février 2018. Soutenue depuis 2014 par ONU Femmes, le Conseil de l'Europe, l'UE, le PNUD, le HCDH, l'UNFPA et l'ONUDC, la loi adopte une définition large de la violence couvrant les formes physique, économique, sexuelle, politique et psychologique.
Activités
La loi établit des mécanismes de protection offrant aux survivantes un soutien juridique et psychologique, et a modifié l'article 227 du Code pénal afin de supprimer une disposition qui permettait aux auteurs d'actes sexuels contre des mineurs d'échapper à la sanction en épousant leurs victimes. En décembre 2016, cinq ministères (Affaires sociales, Justice, Femme/Famille/Enfance, Intérieur et Santé) avaient adopté des protocoles multisectoriels avec des réunions mensuelles de suivi des dossiers afin de coordonner le soutien aux survivantes entre les services de justice, de santé et de logement.
Résultats
Une évaluation du Conseil de l'Europe, un an après la promulgation, a constaté que l'allocation budgétaire était « faible ou inexistante » et que la formation des parties prenantes était insuffisante. Une enquête académique menée en 2023 auprès de 110 femmes tunisiennes a révélé que 45,5 % avaient subi des violences basées sur le genre, 37,3 % ignoraient le cadre juridique, seules 22,2 % des victimes avaient engagé une action en justice, et 83,3 % jugeaient la loi insuffisamment stricte.
Mise en œuvre
Coût indicatif
Faible (< 50 k€) — No official implementation budget published; a Council of Europe one-year assessment found budget allocation 'low or non-existent'
Délai jusqu’aux résultats
Long (> 3 ans) — Drafting support began 2014; law passed 26 July 2017; entered into force February 2018; still active as of the 2023 assessment
Personnel et compétences
Five ministries — Social Affairs, Justice, Women/Family/Children, Interior and Health — coordinated via multi-sectoral protocols with monthly case-follow-up meetings, Drafting and implementation supported since 2014 by UN Women, the Council of Europe, the EU, UNDP, OHCHR, UNFPA and UNODC
Conditions de réussite
Sustained budget allocation for implementation
Public awareness campaigns
Institutional and stakeholder training
Modes d’échec courants
Council of Europe assessment found budget allocation 'low or non-existent' one year after promulgation
Insufficient stakeholder training
Low public awareness of the law (37.3% unaware in 2023)
Low rate of victims pursuing legal action (22.2% in 2023)
Où cela s’applique
Type de gouvernance
national government
Échelle
national
Niveau de revenu
lower-middle income
Habituellement financé par
National / regional programmes
Pistes de financement indicatives pour des pratiques de ce type — vérifiez toujours les appels en cours et les règles d'éligibilité de chaque programme.
Vous portez cette pratique ?
Revendiquez-la —
les porteurs vérifiés obtiennent un contact public sur la page et peuvent proposer des corrections.
Sources de données
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.