Le décret présidentiel 13960 (décembre 2020) a été le premier à exiger des agences fédérales américaines qu'elles recensent leurs cas d'usage de l'IA. Le mémorandum M-24-10 de l'OMB (mars 2024), pris en application du décret présidentiel de 2023 sur l'IA, a rendu cet exercice obligatoire et annuel : les agences — à l'exception du ministère de la Défense et de la communauté du renseignement — doivent recenser chaque cas d'usage de l'IA, le soumettre à l'OMB et en publier une version publique sur le site de l'agence.
L'inventaire consolidé de 2025 a recensé 3 611 cas d'usage individuels de l'IA dans 56 agences participantes, soit une augmentation de 105 % par rapport aux 1 757 cas déclarés en 2024. Parmi eux, 445 ont été signalés comme "à fort impact" (déclenchant les exigences de gestion des risques plus strictes prévues par le M-24-10). Les chiffres par agence sont publiés individuellement et vérifiables : le ministère de la Santé et des Services sociaux est passé de 271 à 447 cas d'usage d'une année sur l'autre, et le ministère des Anciens combattants a déclaré 367 cas d'usage, dont 215 à fort impact.
Comme chaque agence publie son propre inventaire — par exemple, la page publique dédiée à l'inventaire de l'IA du ministère de la Justice —, les entrées sont vérifiables de manière indépendante, cas par cas, ce qui constitue un réel atout en matière de transparence. En revanche, l'inventaire n'évalue pas si un cas d'usage donné fonctionne bien ou apporte une valeur publique réelle : il s'agit d'un indicateur d'ampleur et de divulgation, non de résultat, et le dispositif exclut entièrement l'IA de défense et du renseignement, laissant une part importante de l'usage fédéral de l'IA hors de son champ.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.