Le Tren Maya est une voie ferrée d'environ 1 554 kilomètres construite à travers cinq États de la péninsule du Yucatán, au Mexique, par l'agence fédérale d'infrastructure touristique Fonatur à partir de 2020. Une analyse satellite indépendante menée par l'ONG CartoCrítica, publiée par le Consejo Civil Mexicano para la Silvicultura Sostenible (CCMSS), a établi que les seuls tronçons 5 à 7 de la ligne (Cancún–Tulum–Chetumal–Escarcega) ont entraîné le défrichement de 6 018,3 hectares — 2 015,3 ha pour le tronçon 5, 2 076 ha pour le tronçon 6 et 1 927,3 ha pour le tronçon 7 — auxquels s'ajoutent 1 055 hectares supplémentaires affectés par 185 sites d'extraction de matériaux. Les articles de Mongabay corroborent un ordre de grandeur similaire : au moins 6 659 ha directement déboisés et 10 831 ha occupés par le projet à la mi-2023.
L'analyse du CCMSS a établi que 67 % de la surface déboisée ne disposait pas de l'autorisation requise de changement d'usage des sols (CUSTF), et que les travaux des tronçons 5 à 7 avaient débuté avant l'achèvement des études d'impact environnemental (MIA) ou l'obtention de l'approbation du ministère de l'Environnement, la SEMARNAT. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a par ailleurs constaté que le processus de consultation des populations autochtones de novembre-décembre 2019 'ne répondait pas à toutes les normes internationales'.
Face à la pression soutenue des organisations de la société civile, des journalistes et des tribunaux, la SEMARNAT exige désormais un ensemble de mesures d'atténuation et de compensation — décrites par le gouvernement comme 208 programmes environnementaux et 1 252 mesures d'atténuation — comprenant la construction de plus de 1 579 passages fauniques et ouvrages de drainage, un programme de reboisement et le déplacement de la faune affectée. Mongabay a rapporté en 2025 que le gouvernement fédéral s'employait activement à 'corriger' les dommages environnementaux documentés du Tren Maya, y compris la remise en état des cénotes et plans d'eau touchés.
Réserve : il s'agit d'un cas explicitement contesté. Des observateurs indépendants signalent que des défrichements non autorisés se sont poursuivis après l'annonce du programme de compensation, et aucune des sources examinées ne contient de chiffres vérifiés de manière indépendante sur les hectares effectivement reboisés ou restaurés, ni de validation par un tiers des résultats des passages fauniques. Cette pratique est incluse ici comme un exemple documenté, à grande échelle et réel, de compensation de la biodiversité a posteriori menée sous une forte pression en matière de gouvernance et de transparence — et non comme un modèle à reproduire.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.