À l'automne 2018, le conseil de l'enseignement secondaire de la municipalité de Skellefteå, dans le nord de la Suède, a mené un essai de trois semaines utilisant des caméras de reconnaissance faciale pour enregistrer automatiquement la présence de 22 élèves d'une classe, dans le but de réduire la charge administrative de l'appel manuel.
L'autorité suédoise de protection des données, l'Integritetsskyddsmyndigheten (IMY, anciennement Datainspektionen), a mené l'enquête et, le 20 août 2019, a infligé une amende de 200 000 SEK (environ 20 000 €) au conseil scolaire — la première sanction prononcée en Suède depuis l'entrée en vigueur du RGPD en 2018. L'IMY a relevé trois violations distinctes : un traitement des données personnelles plus intrusif que nécessaire au regard de la finalité déclarée (article 5), le traitement de données biométriques sensibles sans base juridique valable (article 9), et l'absence d'analyse d'impact relative à la protection des données ainsi que de consultation préalable de l'IMY avant l'essai (articles 35 à 36). L'autorité a également écarté le consentement comme base juridique, les élèves se trouvant dans une relation de dépendance vis-à-vis de l'école.
Le conseil scolaire a fait appel, mais la cour administrative d'appel de Stockholm a confirmé intégralement la décision de l'IMY, validant à la fois le raisonnement juridique et le montant de l'amende. L'affaire demeure la référence suédoise en matière de surveillance biométrique des mineurs et a été relayée par le Comité européen de la protection des données, puis analysée par des organismes internationaux comme l'IAPP comme un cas d'école pour évaluer la proportionnalité et le consentement lors du déploiement de systèmes biométriques d'IA dans les écoles. L'essai a été abandonné et aucun système de reconnaissance faciale comparable n'a depuis été déployé dans les écoles suédoises.
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