Lancé en 2019, le projet Beautifying Sheger (Ye Sheger Šimagle) est un programme de développement des berges de la ville d'Addis-Abeba couvrant, selon les annonces, 69 km du système fluvial du Sheger, depuis les monts Entoto jusqu'à la rivière Akaki en traversant la ville, dans une zone abritant plus de 1,3 million d'habitants. Le financement a été coordonné via le Fonds de développement urbain et municipal de la Banque africaine de développement, avec le soutien d'agences de développement italienne, chinoise et coréenne ainsi que d'ONU-Habitat.
Les communications publiques et des bailleurs décrivent des plans de nettoyage et de dragage des lits des rivières, de nouveaux réseaux d'assainissement et de drainage destinés à remplacer le rejet direct des eaux usées, des bassins de rétention des eaux pluviales sur les affluents pour réduire les pics de crue, ainsi que de nouveaux parcs et promenades le long des cours d'eau, accompagnés d'alternatives de subsistance pour les habitants actuellement dépendants des rivières.
Un examen critique a constaté que l'ampleur réellement livrée était très en deçà du concept initial : hormis les berges bétonnées, « les idées proposées dans la note de concept [...] ne sont pas mises en œuvre », les exutoires d'égouts et d'eaux pluviales continuant de se déverser directement dans les lits des rivières au lieu d'être détournés comme prévu. Le projet initial a en outre été remplacé en cours de route par le plan d'un architecte paysagiste chinois, dans le cadre d'un contrat EPC qui, selon l'examen, a réduit les professionnels éthiopiens au rôle de consultants et a laissé « la contribution locale au minimum », sans véritable processus de participation publique dans la conception ou la mise en œuvre.
Ni les documents promotionnels ni l'examen critique que nous avons trouvés ne publient de résultats chiffrés avant/après (hectares végétalisés, jours d'inondation évités, décomptes de biodiversité) ; le déplacement des riverains et des maraîchers est reconnu sur le principe mais non quantifié. Nous considérons donc ce cas comme un programme de végétalisation urbaine de grande ampleur, financé à l'international, mais faiblement étayé et contesté — utile surtout comme cas d'école documenté sur l'écart entre l'ampleur annoncée et la livraison vérifiée d'un projet de végétalisation des berges.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.