La loi française de 2016 imposant aux administrations de divulguer les règles de leurs décisions algorithmiques est restée presque totalement inappliquée, a constaté la Défenseure des droits en novembre 2024, ne citant que trois organismes en conformité. Des chercheurs ont créé un observatoire indépendant.
Détails
Promoteur
Défenseure des droits / Observatoire des algorithmes publics (ODAP)
Période
2016–ongoing (independent monitoring since Nov 2024)
Mots-clés
public sector, AI governance, transparency, algorithmic accountability
Description
Depuis 2016, la loi pour une République numérique (article L. 312-1-3 du Code des relations entre le public et l'administration) impose aux organismes publics d'une certaine taille de publier en ligne les règles définissant les algorithmes utilisés pour prendre des décisions individuelles. Dans un rapport publié le 13 novembre 2024, la Défenseure des droits a conclu que cette obligation « est restée lettre morte depuis 2016 », ne citant que trois organismes connus pour s'y conformer : l'opérateur national France Travail, ainsi que les conseils départementaux d'Ille-et-Vilaine et du Val-d'Oise. Le rapport de la Défenseure des droits constate que même lorsque les administrations publient des informations, celles-ci sont souvent incomplètes ou difficiles à trouver, et recommande au gouvernement d'introduire des sanctions financières en cas de non-conformité et de publier une liste des administrations qui se conforment ou non à l'obligation — aucune des deux mesures n'existant à la date de publication du rapport. Faute d'un contrôle actif, trois chercheuses et chercheurs indépendants — la sociologue Camille Girard-Chanudet, la designer Estelle Hary et la chercheuse en IA et droits humains Soizic Pénicaud — ont lancé l'Observatoire des algorithmes publics (ODAP) en novembre 2024, afin de recenser, en dehors des canaux gouvernementaux, les algorithmes réellement utilisés par les administrations centrales et les agences de l'État. Dès son lancement, l'ODAP a explicitement exclu les collectivités locales et les hôpitaux, faute de données sources accessibles. Cette pratique est présentée comme un cas de vigilance fondé sur des preuves, et non comme une réussite : elle documente, à partir d'une conclusion officielle de la Défenseure des droits, ce qui se produit lorsqu'une obligation de transparence algorithmique ne s'accompagne d'aucun mécanisme de sanction — et montre des chercheurs de la société civile prendre en charge le travail de divulgation que la loi elle-même n'a pas produit en huit ans.
Mise en œuvre
Les détails de mise en œuvre (coût, calendrier, personnel, conditions de réussite) ne sont pas encore disponibles pour cette pratique.
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Sources de données
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.
La norme britannique de transparence algorithmique (ATRS) impose au gouvernement central de publier des fiches publiques sur les outils algorithmiques …