Fin 2015, l'Agence fédérale pour l'emploi allemande a mis sur pied en urgence le cours d'allemand d'introduction (Einstiegskurs zur Deutschförderung) pour les réfugiés de Syrie, d'Irak, d'Iran et d'Érythrée. Environ 230 000 réfugiés, soit près de 38 % de la cohorte arrivée en 2015, l'ont suivi. Il comptait 320 heures, sans programme standardisé ni certificat.
Des chercheurs de l'Immigration Policy Lab et de l'IAB ont utilisé une régression par discontinuité autour de la date limite d'éligibilité du 31 décembre 2015 et n'ont trouvé aucun effet statistiquement significatif sur l'emploi à 7, 12, 17 ou 22 mois après l'arrivée, quels que soient le niveau de scolarité, le sexe ou le Land. À l'inverse, le cours d'intégration du BAMF, plus ancien (jusqu'à 600 heures, examen final et certificat), a augmenté l'emploi : 4,4 points de pourcentage de plus un an après le début du cours de six mois, avec un pic vers 18 mois, bien qu'il ait touché beaucoup moins de réfugiés.
C'est un cas d'alerte : rapidité et ampleur n'ont pas produit de résultats sans intensité, programme et certification. Les auteurs ne peuvent pas isoler la caractéristique décisive, et l'étude porte sur des réfugiés de 18 à 35 ans de quatre pays.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.