LifeMedGreenRoof (LIFE12 ENV/MT/000732) a construit et instrumenté des toitures végétalisées de démonstration à l'Université de Malte, à Msida, avec une toiture de comparaison à la Fondazione Minoprio dans le nord de l'Italie, dans un pays quasiment dépourvu de toitures végétalisées. Le bénéficiaire coordinateur était la Faculté de l'environnement bâti de l'Université de Malte, avec pour partenaires l'Autorité maltaise de la concurrence et des affaires des consommateurs, la Fondazione Minoprio et Minoprio Analisi e Certificazioni. Au-delà des toitures elles-mêmes, le projet a mis au point des substrats adaptés au climat méditerranéen et une palette végétale d'espèces locales, et a rédigé une norme nationale sur les toitures végétalisées ainsi qu'une proposition de politique publique.
Les données sur les eaux pluviales sont réellement mesurées et non modélisées, et c'est ce qui distingue ce cas. La parcelle suivie à Malte présente une surface de 32,61 m2, remplie de 200 mm de substrat « Malta 1 » sur une chape à pente de 2%, drainée par un unique tuyau de 50 mm vers un compteur à auget basculant complété par une balance de précision pour les débits inférieurs au litre. Le suivi a couvert une année hydrologique complète, de juillet 2016 à juin 2017.
La précipitation totale sur l'année s'est élevée à 348 mm. Le compteur à auget étant tombé en panne entre le 18 novembre et le 4 décembre, la période allant jusqu'au 9 décembre a été exclue, laissant une fenêtre de mesure valide de 276,4 mm de précipitations pour 37,39 mm de ruissellement. La rétention d'eau par événement s'est échelonnée de 40% à 100%, avec une moyenne de 90%. Sur 74 jours de pluie, 8 seulement ont produit un ruissellement quelconque, avec des volumes compris entre 0,03 mm et 11,84 mm. À titre de comparaison, la valeur de référence FFL pour les toitures végétalisées extensives dotées de 15 à 20 cm de substrat est de 60% de rétention annuelle, pour un coefficient de rejet de 0,40, dans des régions recevant 650 à 800 mm de précipitations annuelles.
La toiture italienne de comparaison, à la Fondazione Minoprio, avec 10 cm de substrat, a enregistré 963 mm de pluie et 571 mm de ruissellement sur les mêmes douze mois, retenant 392 mm soit 41% de la pluie totale, la rétention mensuelle variant de 15% à 65%. Ce chiffre relève de l'Italie et ne doit pas être attribué à Malte.
Les auteurs font preuve d'une franchise inhabituelle sur les limites de leur propre résultat. Ils notent que l'hiver 2016-2017 a été particulièrement sec, ce qui a laissé un temps considérable entre les épisodes pluvieux pour l'évaporation de l'eau retenue dans le substrat, et ils précisent qu'appliquer ces résultats à un bassin versant urbain pour estimer une atténuation réelle des inondations dépassait le cadre de l'étude. Ils affirment seulement que les toitures végétalisées à Malte « peuvent contribuer de manière significative à réduire le ruissellement des eaux pluviales et à atténuer les inondations localisées », et désignent explicitement la question à l'échelle du bassin versant comme un travail futur.
L'appréciation honnête est qu'il s'agit d'une parcelle de recherche et non d'un programme municipal. La surface suivie est de 32,61 m2 sur une seule année atypiquement sèche, le suivi a été assuré par le porteur du projet lui-même et non par un évaluateur indépendant, et aucun article évalué par les pairs issu du projet n'a été localisé. Ce qui renforce la confiance, c'est la transparence de l'instrumentation, la publication des séries mensuelles brutes et l'énoncé des réserves par les auteurs eux-mêmes. Son produit transférable est la formulation du substrat, la palette végétale locale et le projet de norme nationale, mécanisme par lequel un résultat obtenu sur 32 m2 pourrait devenir une politique publique dans un État insulaire méditerranéen quasiment dépourvu de toitures végétalisées.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.