AMAS — L'algorithme autrichien de profilage des chômeurs, interdit puis validé
Autriche
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Dès 2014, environ 350 agences polonaises classaient chaque chômeur dans l'un de 3 « profils » algorithmiques ; 38 % des agences n'avaient rien à offrir au profil le plus démuni. Le Tribunal constitutionnel a invalidé le système en 2018 ; aboli en 2019.
Dès 2014, le réseau public de l'emploi polonais — environ 340 à 350 Powiatowe Urzędy Pracy (agences pour l'emploi de district) à travers le pays — a utilisé un système algorithmique obligatoire pour classer chaque chômeur nouvellement inscrit dans l'un de trois « profils », sur la base de 24 données (8 recueillies à l'inscription, le reste lors d'un entretien structuré mené par un agent sur un terminal informatique). Les demandeurs de profil I (« actifs ») étaient censés retrouver un emploi avec une aide minimale ; ceux du profil II (« soutenus ») recevaient une aide à la recherche d'emploi ; ceux du profil III (« éloignés ») étaient jugés confrontés à des obstacles sociaux ou motivationnels complexes et étaient, en principe, éligibles à des interventions plus intensives.
Une étude indépendante (Centre for Internet & Human Rights, corroborée par les travaux d'AlgorithmWatch dans son rapport Automating Society) a établi que la répartition nationale entre les trois profils était d'environ 2 % / 65 % / 33 %, et que les agents ne modifiaient la classification de l'algorithme que dans 0,58 % des cas — ce qui en faisait, en pratique, un système quasi déterminant. La même étude a montré que 38 % des agences pour l'emploi ne pouvaient offrir aucun des dix types d'aide prévus aux demandeurs de profil III — le groupe pourtant censé être le plus dans le besoin — les programmes spécialisés étant trop coûteux ou logistiquement trop complexes à mettre en œuvre pour les petites agences.
Le Défenseur des droits polonais a saisi le Tribunal constitutionnel, faisant valoir que l'étendue des données personnelles utilisées pour profiler les citoyens aurait dû être fixée par une loi parlementaire, et non par un règlement ministériel. Le Tribunal lui a donné raison en 2018, jugeant cette délégation inconstitutionnelle. Le gouvernement a ensuite fait adopter un amendement abolissant le système de profilage, entré en vigueur en décembre 2019, mettant fin à cinq années de tri algorithmique des allocations chômage à l'échelle nationale.
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