La Loi sur les finances nationales de la Corée du Sud (promulguée en 2006) impose au gouvernement central de préparer chaque année une Déclaration budgétaire de genre et un Bilan budgétaire de genre en complément du budget national. La mise en œuvre obligatoire a commencé au niveau du gouvernement central en 2010, puis a été étendue aux collectivités locales en 2013.
Selon le rapport régional Asie-Pacifique d'ONU Femmes, la part du budget national sensible au genre est passée de 3,7 % en 2010 à 7,4 % en 2017 ; selon le propre rapport du gouvernement au Comité CEDAW de l'ONU en 2024, le budget sensible au genre atteignait environ 17,3 milliards de dollars, soit environ 3,2 fois son niveau de 2010. Lors de ce même examen de mai 2024, les experts du comité ont néanmoins exprimé des inquiétudes concernant l'écart salarial persistant entre les genres en Corée du Sud, soulignant que la seule croissance budgétaire n'a pas résorbé les disparités sous-jacentes.
Des recherches évaluées par les pairs (Journal of Public Budgeting, Accounting & Financial Management, 2023) documentent de réelles difficultés de mise en œuvre : l'intégration des objectifs de genre dans le cadre de budgétisation axée sur la performance s'est révélée lourde, certains agents publics ont résisté au processus, et une étude distincte sur les administrations municipales a constaté une variation substantielle du sérieux avec lequel les autorités locales ont appliqué la budgétisation de genre après le mandat de 2013. La Corée du Sud offre ainsi à la fois un modèle juridique bien documenté et une leçon de prudence honnête : les mandats législatifs ne garantissent pas une mise en œuvre uniforme.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.