En 2015, dans le cadre de son plan d'action pour le Partenariat pour un gouvernement ouvert, le ministère géorgien de la Justice — via son Agence d'échange de données (LEPL), aujourd'hui Agence de gouvernance numérique — a lancé un portail national de données ouvertes, www.data.gov.ge, destiné à permettre aux entreprises, ONG et citoyens d'utiliser librement les données publiques et de construire des services à partir de celles-ci.
Une évaluation indépendante menée en 2018 par l'Institute for Development of Freedom of Information (IDFI), publiée via K-Monitor, a révélé que le portail ne comptait que 161 bases de données en avril 2018 — concentrées dans les finances, l'éducation et les sciences, et la gouvernance publique — un chiffre que le rapport a qualifié de « considérablement bas ». Dans l'Open Data Barometer 2016, la Géorgie a obtenu un score relativement élevé de 0,70 (16e mondial) sur la dimension générale du droit à l'information, mais bien plus faible, 0,51 (36e mondial, 4e régional), spécifiquement sur la publication des lois et des données gouvernementales — un écart entre l'ouverture légale et ce qui a réellement été publié.
Les entretiens de l'IDFI avec le personnel de l'Agence d'échange de données ont identifié la cause en toute honnêteté : aucune loi n'oblige les institutions publiques à publier sur le portail, si bien que la participation dépend entièrement de la bonne volonté de chaque institution, et la plupart des données divulguées restent en PDF scanné plutôt qu'en formats ouverts. En partie pour combler cette lacune, l'IDFI a lui-même créé et continue de gérer un portail citoyen distinct, OpenData.ge, alimenté par ses propres demandes d'accès à l'information. Le cas géorgien est un exemple d'avertissement réellement utile : un portail national bien intentionné dont la portée a été limitée par l'absence de mandat légal, et non par la technologie.
D'où proviennent les informations de cette pratique, et quand.