M-Pesa – L'argent mobile comme infrastructure d'inclusion financière et numérique
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Easypaisa, pionnier pakistanais de la banque sans agence lancé en 2009, compte aujourd'hui environ 33 millions de comptes, mais des recherches indépendantes montrent que l'écart d'usage de l'argent mobile entre hommes et femmes reste marqué : les hommes ont trois fois plus de chances que les femmes d'utiliser réellement le service malgré une notoriété de marque quasi universelle.
Telenor Pakistan et Tameer Microfinance Bank ont lancé Easypaisa en 2009, l'un des premiers services de banque sans agence d'Asie du Sud, permettant aux clients d'envoyer de l'argent, de payer des factures et de conserver un solde via un réseau national d'agents sans compte bancaire traditionnel ; son concurrent JazzCash est devenu par la suite la deuxième grande marque d'argent mobile du Pakistan.
En 2024, les comptes de banque sans agence de l'ensemble des opérateurs pakistanais avaient atteint 117 millions, contre 85 millions en 2022, et Easypaisa revendique à elle seule environ 33 millions de comptes enregistrés, dont environ 11 millions actifs mensuellement, selon Euromoney.
Une étude évaluée par les pairs de 2018 (ACM SIGCAS COMPASS), fondée sur 51 entretiens et sur les données de l'enquête Financial Inclusion Insights portant sur 6 000 répondants, a montré que si la plupart des Pakistanaises connaissaient les marques Easypaisa et JazzCash, seules 4,5 % des femmes utilisaient l'argent mobile contre 14 % des hommes ; la possession d'un téléphone mobile chez les femmes (36,7 %) était très inférieure à celle des hommes (79,4 %), et la plupart des femmes informées de ces services en avaient entendu parler par des proches masculins plutôt que par expérience directe.
Les données Findex de la Banque mondiale citées par Euromoney montrent que l'écart de détention de comptes persiste : en 2021, 28,2 % des hommes disposaient d'un compte bancaire ou dans une institution financière formelle contre 13,5 % des femmes, et l'obligation de présenter une carte d'identité nationale (CNIC) — plus difficile à obtenir pour de nombreuses femmes — reste un obstacle documenté à l'ouverture d'un portefeuille mobile.
Easypaisa illustre le fait que l'échelle n'équivaut pas à l'inclusion : une portée de dizaines de millions de comptes coexiste avec un écart d'usage entre les sexes large et bien documenté, ce qui en fait un cas utile et honnêtement prudent de ce que l'argent mobile permet et de ses limites actuelles.
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